Comment gérer le temps d’écran en temps de pandémie?

Par Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance et nouvelles technologies

On s’entend pour dire que le contexte actuel de la pandémie est exceptionnel. Nous sommes collectivement confrontés à plusieurs ajustements et nos stratégies d’adaptation sont mises à l’épreuve. Le confinement pousse les travailleurs et les familles à demeurer à la maison, ce qui n’est pas sans bouleverser les habitudes de tous! Il est encore très difficile de prévoir les impacts de cette situation et ce, à tous les niveaux (financier, professionnel, social, santé, physique, etc.) et l’aspect psychologique n’y échappe pas.

La fermeture des écoles et le télétravail représentent un défi quotidien pour les parents. Ce contexte est propice à une augmentation du nombre d’heures d’exposition aux écrans chez les enfants. Toutefois, cette période demeure une occasion de définir et de clarifier des balises face à l’usage des écrans afin de développer des comportements responsables.

Pour vous aider à gérer le temps d’écran durant la pandémie, voici quelques pistes :

    • Lire un livre ou un magazine;
    • Faire un Lego ou un jeu de construction;
    • Jouer à des jeux de société
    • Faire des casse-têtes;
    • Cuisiner avec son enfant
    • Jouer dehors;
    • Marche, vélo, trottinette, course, etc.;
    • Peinture, dessin, couture, tricot, bricolage;
    • Écrire une lettre, une carte ou faire un dessin aux grands-parents ou l’entourage;
    • Construire quelque chose;
    • Prendre un bain ou se faire un soin corporel (soin du visage, manucure, pédicure, etc.);
    • Apprendre à jouer d’un instrument de musique ou jouer d’un instrument, composer des chansons;
    • Apprendre une nouvelle langue
    • Écouter de la musique;
    • Regarder des films en famille;
    • Faire de l’activité physique : on peut même avoir recours à des applications ou sites pour nous guider ou nous accompagner, comme des cours de yoga, de pilates, de danse ou d’exercices physiques en ligne. C’est une belle façon de tirer profit sainement des technologies, tout en variant ses activités et en demeurant actif;
    • Faire du rattrapage scolaire, sans excès (il est possible de réviser les notions avec les cahiers s’ils sont accessibles ou encore de consulter les ressources proposées par les commissions scolaires pour accompagner et soutenir les parents et les élèves). Rappelons-nous que les enfants sont aussi soumis à un stress présentement et ils ont besoin de temps pour se ressourcer et être rassurés et non s’inquiéter à propos de leurs apprentissages;
    • Faire du ménage ou du classement;
    • Passer du temps de qualité en famille, mais aussi prévoir des moments de solitude pour se ressourcer;
    • Faire toutes les activités que vous n’avez pas (ou ne prenez pas) le temps de faire habituellement! (dans le respect des règles de la santé publique).

 

Le contexte actuel est aussi une excellente occasion d’apprendre certaines notions de base pour l’usage des écrans. Par exemple, comment repérer le vrai du faux dans les médias, de développer son sens critique, de vérifier les faits et les sources des informations que nous consultations et dans le doute, de s’abstenir de partager l’information.

À titre indicatif, les recommandations habituelles de l’Académie américaine de pédiatrie (APP, 2016) en ce qui concerne la durée d’utilisation des écrans sont les suivantes :

  • Moins de 18 mois: éviter l’utilisation des écrans, sauf pour le clavardage vidéo (ex. Skype), qui permet d’être en contact avec d’autres par l’entremise de la technologie.
  • 18 à 24 mois : il est possible d’introduire graduellement les écrans, mais à du contenu de grande qualité, comme du contenu à vocation éducative, en présence du parent, afin d’aider l’enfant à comprendre ce qu’il regarde. Bien que ça soit possible de le faire, ce n’est vraiment pas une obligation… Ils auront suffisamment le temps de se familiariser avec les technologies!
  • 2 à 5 ans : maximum 1 heure par jour devant les écrans à du contenu de grande qualité (ex. à vocation éducative) en présence du parent pour aider l’enfant à comprendre ce qu’il regarde et être en mesure d’appliquer leurs apprentissages.
  • 6 ans et plus : mise en place de limites claires et cohérentes face à la durée d’utilisation des écrans et au type de média utilisé. Il est suggéré que l’utilisation n’interfère pas avec le sommeil, l’activité physique, les études et les autres comportements favorisant la santé.

Il est important de noter que les recommandations concernent le temps d’utilisation des écrans pour le divertissement seulement, et non le temps d’écran pour les travaux et devoirs. Conservez en tête ces balises pour vous aider à structurer le temps d’utilisation. Accompagnez votre jeune à développer l’auto-contrôle face à son usage en l’encourageant à utiliser une minuterie pour encadrer son temps d’utilisation.

En somme, la situation actuelle est une belle occasion de découvrir de nouveaux intérêts (ou de renouer avec d’anciens intérêts) en dehors des écrans. C’est une très bonne façon de prendre soin de soi et de gérer son stress. L’ennui est aussi un excellent moteur à la créativité. La créativité nous permet de rebondir face aux embûches et de faire preuve de résilience face aux épreuves. Il n’y a pas si longtemps, nous n’avions pas accès à toutes ces technologies pour nous divertir et passer le temps. C’est donc possible de combler l’ennui sans se tourner exclusivement vers les technologies! L’important est de tendre à conserver un équilibre!


Références.

Cyberdependance.ca

American Academy of Pediatrics (APP). 2016. American Academy of Pediatrics Announces New Recommendations for Children’s Media Use.

Sergerie, M.-A. (2016). Écrans : De nouvelles recommandations sur le temps d’utilisation. https://cyberdependance.ca/2016/10/25/ecrans-de-nouvelles-recommandations-sur-le-temps-dutilisation/

Cas de conscience :: Francs-tireurs

Le 19 février 2020, Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue était de passage aux Francs-tireurs afin de parler de la surveillance des enfants par la technologie et des enjeux qui y sont associés. Pour écouter le segment, cliquez ici!

Reportage d’URBANIA

Le 3 février 2020, Hugo Meunier a publié un reportage dans URBANIA intitulé : « Perdre sa job à cause des statuts Facebook: De Marie-Chantal Toupin à Luc Saint-Hilaire – Quand ton comportement virtuel te nuit dans le réel ». Les propos de Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance y sont rapportés. Les réseaux sociaux soulèvent plusieurs questions et l’importance de réfléchir et de modérer ses propos est primordiale. Pour lire le reportage, consultez le lien suivant : Lire le reportage

La Presse :: « Tirer la plogue » sur les réseaux sociaux

Vous vous interrogez sur votre usage des réseaux sociaux et la place que cet usage occupe dans votre vie? Lisez les propos de Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance rapportés par Audrey Ruel-Manseau dans l’article « Tirer la plogue » sur les réseaux sociaux paru dans La Presse du 18 mai 2019. Bonne lecture, mais surtout, bonne réflexion!

 

Article « Il est temps de décrocher! » :: L’Actualité

En juillet 2018, Catherine Dubé a publié un long article sur l’usage des technologies. Elle y rapporte les propos de Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue. Pour lire l’article, consulter le lien suivant : Il est temps de décrocher!

Si vous éprouvez le besoin de consulter, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un(e) professionnel(le) en contactant la Clinique Laval au 450-490-9119 ou au info@cliniquelaval.com.

Formation en ligne sur la cyberdépendance

Cyberdépendance : Comprendre, évaluer et intervenir auprès des personnes cyberdépendantes

Vous voulez en savoir plus sur la cyberdépendance ? Une formation en ligne de Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance, est désormais disponible sur le site de l’Institut de formation en thérapie comportementale & cognitive (IFTCC). L’activité de formation est reconnue par l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) et par l’Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) et s’adresse aux professionnels (psychologues, psychothérapeutes et intervenants en santé mentale).

  • Activité de formation reconnue par l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ)  et par l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) pour les professionnels (psychologues, psychothérapeutes et intervenants en santé mentale); 6 heures.
  • Pour s’inscrire : Cliquez ici pour vous inscrire à la formation en ligne

Docu-réalité :: Un Vrai Selfie

Le 19 septembre 2018 débutait la série docu-réalité « Un vrai selfie » avec Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D, psychologue et directrice de la Clinique Laval. La série présente huit jeunes canadiens qui vivent avec des difficultés psychologiques variées. Il sera possible de les suivre dans leur évolution tout au long de la série. Pendant 10 semaines, ces jeunes ont accepté de se confier à la caméra dans leur quotidien et de participer à unepsychothérapie de groupe guidée par Dre Sergerie. La série vise à démystifier les enjeux liés à la santé mentale. « Un vrai selfie » est une adaptation canadienne de la série norvégienne True selfie.

Les épisodes sont présentés les mercredis, à 20h30 sur les ondes de UnisTV et sur le web. Pour plus d’informations ou voir les épisodes, visitez unis.ca/un-vrai-selfie

Si vous éprouvez le besoin de consulter, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un(e)  professionnel(le)s en contactant la Clinique Laval au 450-490-9119 ou au info@cliniquelaval.com.

Colloque sur la cyberdépendance :: Saguenay

Le 23 novembre 2017, Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance a prononcé une conférence sur l’utilisation des technologies chez les jeunes dans le cadre du 26ème événement annuel régional du Centre de prévention du suicide 02 (Saguenay Lac-St-Jean). Son passage a été souligné dans les médias de la région. Pour en savoir davantage :

Pour ou contre la publication de photos de nos enfants sur les médias sociaux ? :: Magazine Véro, Automne 2017

Par Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance et nouvelles technologies

Dans l’édition Automne 2017 du Magazine Véro (page 131), j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Florence Dujoux à propos de la publication des photos d’enfants par les parents sur les médias sociaux.

Il peut sembler anodin de publier une photo de son enfant sur Facebook ou Instagram. Les parents qui publient habituellement des photos de leurs enfants le font habituellement de façon bienveillante et souhaite partager de beaux et précieux moments. Il est cependant important de garder en tête que le droit à l’image est considéré comme un droit fondamental qui est protégé par la charte des droits et libertés. Avant de publier une image ou une vidéo, il est donc essentiel de se questionner sur ces enjeux et sur les impacts futurs que ces publications pourraient avoir sur l’enfant une fois qu’il sera adulte. Il est également important de sensibiliser les jeunes à l’impact de leurs propres publications. Ont-ils obtenu le consentement des personnes concernées par la photo ou la vidéo ? Si cette publication était reprise par une autre personne, est-ce qu’elle pourrait être préjudiciable dans le futur ? Alors avant de publier, pensez-y bien !

 

Et si on se déconnectait ?

Le 4 août 2017, les propos de Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance ont été rapportés par John-Sébastien Naïs dans l’article Et si on se déconnectait ?, article paru dans Voir.ca. L’article traite de la déconnexion volontaire à la technologie afin de se ressourcer. Pourquoi ne pas vous mettre au défi et ne pas essayer de vous déconnecter durant les vacances ou le week-end ?

Si vous éprouvez des difficultés avec votre utilisation des technologies, n’hésitez pas à consulter un professionnel.